Né en région parisienne dans le département de la Seine Saint-Denis, Marc Touazy a d’abord travaillé dans l’électrotechnique avant de changer d’horizon et de se tourner vers la filière ovine : « J’ai commencé ma vie professionnelle en tant que technicien dans le bâtiment. Suite à un licenciement, j’ai rencontré, dans les Corbières, un berger qui m’a appris le métier ».
C’est à ce dernier qu’il doit sa passion pour le monde agricole. Marc a d’abord gardé le troupeau puis il a commencé à aider le berger à tondre ses brebis. C’est par le biais de ce métier de tondeur que Marc a parcouru tout le sud de la France, pendant dix ans, de ferme en ferme. « J’ai commencé par tondre de petits lots et j’ai ensuite intégré une équipe de quatre tondeurs » se souvient-il.
Depuis deux ans, Marc est Président de l’association des tondeurs de moutons « c’est le seul organisme en France qui représente ce métier. Les objectifs sont de valoriser la profession de tondeur et de développer une coordination interprofessionnelle. Nous organisons ainsi deux concours par an autour de la tonte de brebis. On compte en France 250 professionnels ».
Une formation et surtout des expériences pour concrétiser son installation
Marc avait le projet de s’installer en tête depuis de nombreuses années. En 2000, il obtient un Brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole (BPREA) à Carcassonne. Mais c’est le métier de tondeur qui l’a le plus formé au métier d’éleveur « pendant plus de dix ans, grâce à mon métier j’ai travaillé avec de nombreux exploitants, j’ai observé leur système de production, les choix d’orientation de chacun... j’ai aussi beaucoup voyagé, je suis allé en Nouvelle Zélande, à Madagascar... toujours à la rencontre d’éleveurs ovin ».
Aujourd’hui le projet d’installation s’est concrétisé. Marc est le nouveau propriétaire de la ferme « Laure » sur la commune de Saint-Paul de Jarrat avec 50 hectares de surface agricole utile. « Cette ferme appartenait à un berger. Celui-ci avait un troupeau de 250 brebis. Il était lui aussi passionné par cette production, j’aurais adoré le connaître ».
Le jeune agriculteur a acheté un cheptel de 100 brebis de race rouge du Roussillon chez un éleveur à Bordeaux qui travaille pour le Conservatoire de la race : « Ce sont des brebis capables de bien valoriser les terres, elles ont une bonne prolificité, une bonne production de lait, de bonnes qualités maternelles, les agneaux ont aussi de bonnes valeurs bouchères et la race est facile à mener ».
Des projets, encore des projets !
L’objectif est d’avoir un élevage le plus extensif possible, avec un système transhumant en période estivale. Les agnelages devraient avoir lieu début mars. L’ambition est d’augmenter le cheptel jusqu’à 230 mères. Les agneaux seront vendus à un groupement en tant qu’agneaux lourds.
Cet éleveur souhaite aussi développer en parallèle un réseau de vente directe. Pendant l’hiver, les travaux de rénovation vont commencer : « Je souhaite aménager la bergerie dans le bâtiment de stockage existant, construire une mezzanine pour permettre de stocker le foin et la paille. Le gros du travail reste les clôtures car il y a tout à faire ! ».
A 38 ans, Marc a su aller au bout de sa passion et a enfin pu concrétiser son projet d’installation. Pendant toutes ces années de « nomade », il a énormément appris et il va pouvoir à son tour développer son propre savoir-faire en tant qu’éleveur.




