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Cultiver le safran et en vivre grâce à divers produits associés - avril 2010
Cultiver le safran et en vivre grâce à divers produits associés - avril 2010
Telka, originaire d’Alsace, s’est installée début 2007 avec un projet de production de safran sur les contreforts de l’Aubrac à 430 m d’altitude. La plantation actuelle est de 160 à 200 000 bulbes, son objectif est de produire un à 1,5 kg de safran en 2010. La recherche de pistils de qualité est sa priorité.

A partir de cette plantation, d’autres activités ont été développées : fabrication de nombreux produits cuisinés et aromatisés au safran (confitures, foie gras au safran, nougats…), vente de bulbilles, organisation de visites à la ferme et de stages de formation.

Pourquoi et comment avez-vous mis en place ce projet ?

Telka a souhaité se réorienter professionnellement en créant une activité de plein air. Le choix de la région est lié aux vacances passées dans l’Aubrac pendant 15 ans et à sa passion de la pêche à la carpe dans les lacs de la région. Telka est passionnée d’histoire des épices et en particulier du safran. Elle l’utilise régulièrement dans ses préparations culinaires. L’achat du corps de ferme et du foncier lui a permis de faire évoluer son projet initial de chambres d’hôtes complétées par un peu de safran vers une production principale de safran. Le terrain en bordure de la rivière Lot, à 430 m d’altitude, est très bien adapté à cette culture car il est riche en alluvions et contient peu d’argile. 10 000 bulbes ont été plantés en juillet 2008, ils ont développé, chacun, 4 bulbilles eux-mêmes replantés en 2009. Actuellement, 160 à 200 000 bulbes sont en production. En 2010, l’objectif est de produire 1 à 1,5 kg de safran, en fonction de la météo, et de commercialiser 45 000 bulbes.

Comment se situe votre exploitation sur le marché, dans votre territoire ?

La commercialisation est réalisée à la ferme, sur les marchés locaux, les salons et par Internet. Une gamme de produits est élaborée pour une valorisation de tous les pistils avec le souci d’innover et de communiquer (confitures de fraises cerises, thé d’Aubrac, sirop au safran, foie gras parfumé). L’exploitation est isolée, mais elle reçoit de nombreuses visites de la population environnante ou des touristes ; des visites sont organisées deux matinées par semaine afin de se faire connaître localement. Une formation est proposée aux porteurs de projets.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait construire un projet similaire ?

Le marché actuel sur des pistils de qualité permet un développement mais il faut régulièrement prospecter, se faire reconnaître (par exemple par des grands restaurateurs locaux), communiquer et innover.

Trois saisons sont nécessaires pour développer un volume d’activité et un chiffre d’affaire qui permettent de dégager un revenu. Il faut être imprégné du produit, savoir valoriser le safran sous différentes formes avec des préparations culinaires pour développer une gamme. Le développement de produits dérivés du safran, de services tels que des formations ou des visites sont un plus. La formation du porteur de projet, avant de s’engager dans cette activité est nécessaire. Le type de sol doit être adapté. La principale limite de l’activité est son exigence en main d’œuvre au moment de la récolte et du tri. Un gramme de safran récolté représente sur l’année 2 heures de travail. En production de croisière, 2 000 fleurs sont récoltées à l’heure ; l’émondage, permettant de conserver un pistil et 3 stigmates, représente 4 fois plus de temps que la cueillette. Pour produire un gramme de safran sec, il faut 150 pistils.

 
Publié le lundi 22 mars 2010
Mis à jour le lundi 17 mai 2010

 
 
 
 
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