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Développer une ferme pédagogique en complément de la vente de fromage de vache bio - mai 2011
Développer une ferme pédagogique en complément de la vente de fromage de vache bio - mai 2011
Converti à l’agriculture biologique depuis 2008, Hubert a repris une exploitation de vaches laitières où l’on transformait déjà le lait à la ferme. Il fabrique de la Tomme des Pyrénées au lait cru qui est vendue sur des marchés locaux, à des revendeurs ou à la ferme. La création récente d’une ferme pédagogique permet l’arrivée de sa conjointe Muriel sur l’exploitation.


- Pourquoi et comment avez-vous mis en place ce projet ?

Hubert s’est installé en 2002, hors du cadre familial, en achetant une petite exploitation de vaches laitières avec transformation fromagère. « L’élaboration de ce projet n’est pas le fruit du hasard ». Non issu du milieu agricole, motivé par l’agriculture biologique et sans moyen, il était impossible de s’installer en Hollande, son pays d’origine. Après une longue expérience de salarié non agricole (journaliste, charpentier…) et de salarié agricole dans diverses exploitations, il a recherché pendant près de 10 ans un site pour s’installer en ciblant au mieux le territoire propice.

L’exploitation achetée se composait de 25 ha, d’une maison, de bâtiments, d’un cheptel. Deux ans après, 25 ha supplémentaires ont été repris en location permettant ainsi d’atteindre l’autonomie alimentaire en fourrage. L’exploitation est en agriculture biologique, sous label Nature et progrès. Il élève 18 vaches en production extensive et fabrique 4 à 5 tonnes de fromages.

Après le rachat de l’exploitation, les principales étapes ont été les suivantes : construction d’une étable pour 18 vaches avec installation d’un système de transfert permettant de traite les vaches directement dans l’étable, aménagement de la laiterie, construction d’un hangar pour le stockage de foin et de matériels et production d’électricité photovoltaïque. « La production a pu démarrer immédiatement car l’outil était déjà en place. Si cela s’est avéré indispensable en terme de trésorerie, cela a généré des difficultés car il a fallu simultanément produire et mettre en place les investissements ».

Enfin, en 2010, la création progressive d’une ferme pédagogique (poules, lapins, chèvres, moutons, porcs…) a permis l’arrivée de sa conjointe Muriel sur l’exploitation.

- Comment se situe votre exploitation sur le marché, dans votre territoire ?

L’exploitation est isolée, éloignée des villes moyennes (20 km) et des axes de communications importants. Cependant, elle se situe sur une zone touristique, à proximité de la grotte du Mas d’Azil. La commercialisation des fromages est diversifiée : 40 % sur deux marchés locaux, 30 % auprès de revendeurs locaux (magasins, épicerie, restaurants) et 30 % à la ferme. La diversité du réseau de commercialisation est indispensable. La ferme pédagogique accueille des classes scolaires et des familles l’été (2 € l’entrée). « L’objectif est de faire visiter une exploitation qui vit d’abord de la production agricole ».

Pour améliorer la complémentarité vente directe de fromage, visite de la ferme et se faire connaître, une quinzaine d’agriculteurs, d’artisans et de commerçants se sont groupés pour mettre en place un circuit touristique avec création d’une plaquette distribuée par chaque entreprise et dans les lieux publics (offices de tourisme…). Cela a permis de développer le réseau commercial et de créer du lien social sur le territoire. C’est un système souple, économique et efficace mis en place uniquement entre les entreprises.

- Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait construire un projet similaire ?

« Il est important d’avoir des expériences dans différentes productions agricoles pour pouvoir comparer celles-ci entre elles et choisir celle qui convient le mieux ». Ainsi, pour Hubert le choix initial était la production caprin lait. Mais après différentes expériences en grandes cultures, maraîchage, vignes, élevages divers, c’est la production de bovins lait qui s’est imposée même si elle nécessitait des investissements plus importants.

L’expérience acquise à l’extérieur permettait d’envisager ce projet en limitant au maximum les investissements. Par ailleurs, se former est indispensable, par exemple en transformation fromagère. « Il est aussi obligatoire d’être polyvalent même s’il est impossible d’être très bon partout : être éleveur, mais aussi bon bricoleur, mécanicien, commercial, être capable de suivre l’administratif et la gestion. On ne peut pas se permettre de négliger complètement un aspect car tout se révèle essentiel. Il faut savoir déléguer mais couvrir tout de même le maximum de compétences ».

Il est important d’adapter son projet au territoire. « Les normes peuvent être trompeuses. Ici, sur une zone difficile, pauvre, froide et sèche, la norme de chargement (un UGB/ha) est aberrante alors qu’à quelques kilomètres de là elle est envisageable ». La cohérence globale du projet tenant compte des objectifs personnels, du temps de travail, du territoire, des moyens de production et de la commercialisation est indispensable.

Enfin, il faut réfléchir à la commercialisation. « Ne pas croire que seule la vente sur les marchés locaux sera suffisante. Il faut donc étudier la concurrence, les différents débouchés possibles, rechercher et concevoir des façons nouvelles de commercialiser comme par exemple par les circuits locaux de découverte ».

 
Publié le mardi 24 mai 2011

 
 
 
 
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