Le Moulin de Perrine, né d’une idée innovante s’est petit à petit développé en diversifiant les activités, en augmentant le nombre d’associés et les surfaces de production, tout en gardant ses valeurs : qualité, traçabilité et produits fermiers labellisés Bienvenue à la Ferme.
Pourquoi et comment avez-vous mis en place ce projet ?
Sans formation agricole, Perrine était d’abord motivée par la transformation et la commercialisation des ses produits. Elle s’est donc installée sans aide en 1998 sur 15 hectares dans le Lauragais avec un projet de transformation d’huile et de farine. En 2001, son compagnon Cédric l’a rejointe en tant que boulanger. Il s’installe lui aussi à titre individuel sans aide, sur 15 hectares et permet une nouvelle diversification : le pain. En 2003, le GAEC se forme avec l’entrée du père, Guy, qui apporte des surfaces indispensables pour l’approvisionnement car les commandes progressent régulièrement. Puis les évènements se succèdent : 2005 installation avec les aides de l’Etat de Rémy, le frère, il n’a pas de terre mais développe la fabrication de pâtes ; fin 2008, entrée de Guillaume dans la société en prévision du départ à la retraite de Guy.
Comment se situe votre exploitation sur le marché, dans votre territoire ?
Si le projet était atypique il y a 12 ans, aujourd’hui il l’est beaucoup moins. Un certain nombre de producteurs de la région se sont diversifiés en faisant de l’huile et de la farine voire des pâtes et du pain. Le Moulin de Perrine fait figure de modèle car dans le contexte agricole, elle et ses associés sont de plus en plus sollicités. La récolte de la moitié des surfaces est destinée à la transformation, celle de l’autre moitié est livrée en coopérative. L’exploitation compte 5 associés et 3 salariés. « 160 hectares de céréales dans le Lauragais ne font pas vivre 8 personnes, c’est la diversification et notre mode de commercialisation qui nous le permettent », souligne Perrine. 20% de la commercialisation est assuré en vente directe (à la ferme et sur les marchés) et 80% par des distributeurs (supérettes locales pour le pain). L’huile, les pâtes et les farines sont livrées par les propres moyens du GAEC, parfois jusqu’à Figeac (Lot).
Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait construire un projet similaire ?
« La transformation n’est pas évidente, c’est différent de la production agricole », note Perrine. Elle ajoute qu’il est important de bien réfléchir son projet avant de démarrer et surtout de se former. Pour les pâtes par exemple, il leur a fallu près d’un an et demi pour trouver la bonne recette. Les années sont différentes et malgré le choix de variétés identiques et d’une production de qualité, les produits ne sont pas toujours homogènes. Il faut alors ajuster les réglages de la transformation. La communication est aussi essentielle : « Nous avons fait le choix de miser sur la traçabilité et la qualité de nos produits ». Malheureusement, les consommateurs sont un peu trop habitués à des produits standardisés produits à grande échelle. Il est parfois difficile de faire comprendre que les goûts, les textures, les formes diffèrent d’une saison à une autre.










