En Midi-Pyrénées, l’irrigation couvre 250 000 à 260 000 hectares chaque année (cette surface a baissé entre 2001 et 2005), ce qui représente 10 % de la SAU régionale et concerne environ 13 000 exploitations, soit 25% des exploitations de la région (dont 11 000 professionnelles, soit 34 % des exploitations professionnelles). L’irrigation porte essentiellement sur le maïs grain (deux tiers des surfaces irriguées), mais également sur des cultures semencières ainsi que sur l’arboriculture.
Un déséquilibre entre ressources et besoins
On constate depuis déjà longtemps, sur le bassin Adour-Garonne, un déséquilibre entre les ressources en eau disponibles ou mobilisables et les besoins. Il a été partiellement résorbé ces 20 dernières années par la création de réservoirs, mais il subsiste encore. L’Agence de l’eau estime aujourd’hui à 235 millions de mètres cube le déficit à combler pour satisfaire les différents usages et respecter les débits objectifs d’étiage (DOE) de l’ensemble du bassin.
Ce déséquilibre a conduit l’Etat à classer la plus grande partie de la région en Zone de Répartition des Eaux (1994). Dans l’état actuel, il y a régulièrement sur certains bassins des mesures de restriction des usages pour passer les périodes estivales difficiles. L’Etat et l’ Agence de l’eau manifestent de façon de plus en plus ferme leur volonté de réduire ces déséquilibres, d’assurer de façon plus systématique le respect des DOE et de limiter les périodes de crise (Loi sur l’eau et décret organisme unique, objectifs quantitatifs de la DCE, projet de SDAGE 2010-2015...).
L’application du décret organisme unique et de sa circulaire de juin 2008 conduit à une révision des autorisations de prélèvement et à la définition de volumes prélevables par unité hydrographique, pour être compatible avec les objectifs de DOE. Cette réforme aboutit à une réduction importante des volumes autorisés mais aussi des volumes prélevés actuellement par les irrigants.
Des besoins croissants en eau
La prospective nous informe d’une augmentation des besoins en eau pour le futur en raison des conséquences du changement climatique, de l’évolution de la démographie et enfin d’exigences environnementales plus fortes concernant les débits minimum des rivières en été et automne.
L’agriculture irriguée dont la période de besoins se situe globalement sur juillet et août, à un moment ou l’étiage des cours d’eau est faible, est forte consommatrice d’eau à cette période et est souvent interpelée pour réduire ses consommations. Mais la réduction des consommations agricoles ou des surfaces irriguées aurait des conséquences graves non seulement sur les résultats économiques de ce secteur de l’économie mais aussi sur la pérénnité des exploitations agricoles. Par ailleurs, dans le contexte agricole mondial, européen et francais actuel de forte demande en matières premières agricoles, l’agriculture française et midi-pyrénéenne doit maintenir voire augmenter ses capacités de production.
Economiser l’eau
Dans ce contexte où les nouvelles ressources ne comblent pas encore les besoins, tous les usagers de l’eau doivent chercher à faire des économies d’eau par une gestion rationnelle et fine de la ressource (lutte contre les fuites, comportement anti-gaspillage, process de fabrication plus économes...).
Pour les irrigants, ces économies d’eau passent par l’utilisation de matériel performant et bien réglé et par un ajustement le plus fin possible des apports aux besoins des cultures.
Pour les organismes de développement, il s’agit de maintenir voire d’accentuer l’accompagnement collectif et semi-collectif des irrigants dans ces objectifs de gestion fine et ajustée de l’eau au niveau de l’exploitation agricole, de favoriser une gestion collective économe de l’eau et de contribuer à la création de nouveaux stockages.









