Alors, pourquoi les agricultrices, femmes d’agriculteurs ne participent-elles pas plus à la vie des institutions, des associations locales, des organismes professionnels ?
Pour y voir clair et tenter d’apporter des réponses concrètes à cette problématique, les commissions agricultrices des FRSEA Aquitaine et Midi-Pyrénées ont décidé, depuis 2 ans, d’unir leurs efforts et leurs moyens.
Un comité de pilotage a été constitué pour structurer et crédibiliser la démarche. Il est composé par les représentants des FRSEA, des commissions agricultrices, des MSA, des délégations régionales aux droits de la femme et à l’égalité, des Conseils régionaux et des Chambres régionales d’Agriculture d’Aquitairie et de Midi-Pyrénées.
Deux enquêtes pour une étude
Partant du constat que les femmes sont peu nombreuses dans le monde agricole et rural à intégrer les associations et à s’engager dans des structures syndicales, il importait de :
. déterminer les freins et les motivations à l’engagement féminin,
. mieux cerner leurs attentes,
. proposer un ensemble de mesures, de nature à favoriser cet engagement.
Pour ce faire, deux enquêtes ont été menées :
Une enquête qualitative
Enquête réalisée, de décembre 2008 à janvier 2009 en entretien face à face, par les cabinets EVO PLUS et MIDI MARKETING, auprès de 39 agricultrices exploitantes, conjointes collaboratrices, femmes travaillant à l’extérieur mais toutes vivant sur l’exploitation et âgées entre 30 et 60 ans.
La réalisation des entretiens s’est faite en présence d’un coordinateur MSA afin de faciliter le contact et de répondre aux différents questionnements.
Une enquête quantitative
700 enquêtes téléphoniques ont été réalisées, de février à avril 2009, par les cabinets EVO PLUS et MIDI MARKETING sur les 13 départements du Sud Ouest. L’échantillonnage a été construit notamment à partir des fichiers électoraux des chambres d’agriculture du collège 1 (chefs d’exploitation) en ciblant les agricultrices ayant une implication dans l’exploitation. 40% des personnes questionnées sont originaires d’Aquitaine et 60 de Midi-Pyrénées. 80% sont âgées de moins de 50 ans.
Les résultats sont détaillés dans le document à télécharger (colonne de droite)
L’engagement au féminin : des points clés à retenir
Des constats liés au statut et aux-circonstances de la vie
Le statut est peu significatif de la réalité professionnelle des agricultrices ou des conjointes collaboratrices.
L’évolution du statut se fait parfois en fonction de celui des parents ou des beaux-parents.
Le statut de conjointe collaboratrice a renforcé la position de la femme, mais la vraie reconnaissance se fait par celui de chef d’exploitation.
En raison des circonstances de la vie, elles ont repris ou travaillent à la ferme à la demande des parents ou du conjoint, et cela en décalage parfois avec leurs propres souhaits.
Une diversité de situations et d’attitudes par rapport à l’engagement
Un ensemble de critères doit être pris en considération afin d’évaluer le caractère plus ou moins propice à l’engagement des situations vécues par les agricultrices ou de leurs attitudes.
Le milieu d’origine et le souhait de la personne par rapport au milieu actuel
La fonction au sein de l’exploitation
Le niveau de diplôme et de formation
L’âge des enfants
Le choix du statut
Le type de production et les effectifs de l’exploitation
Les activités extérieures et leur perception
La projection sur l’avenir
L’engagement du conjoint
La situation économique
Des difficultés et des freins
L’organisation (manque de temps) et le rythme de travail (fatigue).La fragilité économique de l’exploitation.
Des difficultés d’adaptation pour celles qui ne sont pas issues du milieu agricole, difficultés accentuées s’il y a vie commune avec les beaux-parents.
Difficile équilibre entre les responsabilités familiales et professionnelles.
Des motivations clairement identifiées
S’engager pour sa qualité de vie, rencontrer d’autres personnes, se faire plaisir, sortir
S’engager pour sa famille
S’engager pour son secteur professionnel : information professionnelle, évolution de l’exploitation agricole
S’engager dans un acte citoyen : vie du village...
S’engager en couple
Des attentes fortes
En premier lieu, et avant même la notion d’engagement, l’attente des agricultrices porte sur la reconnaissance de leur travail et de leur rôle de femme. Il existe un vrai besoin de valorisation du travail féminin dans le monde agricole et rural.
D’autres attentes plus techniques sont également exprimées :
. L’adaptation des modalités pratiques des réunions
. Un accès facilité au service de remplacement et à l’aide à domicile
. Un meilleur accès à la formation









