Une population divisée de moitié en 30 ans
Jusque dans les années 80, l’agriculture a été une histoire de famille. Cette population agricole familiale [1] était forte de 516 000 personnes en 1970, elle n’en comptait plus que 193 000 en l’an 2000. Sur cette période, le rythme annuel de diminution de la population agricole familiale a dépassé les 3 %.
La baisse est encore plus sévère parmi les actifs agricoles familiaux qui étaient 111 750 en 2000, et dont on estimait le nombre à 85 000 environ en 2007 (qu’ils travaillent à temps complet ou partiel sur l’exploitation). Elle atteint près de -4% par an, et près de -10% par an pour les actifs de moins de 40 ans.
| Nombre de personnes | 1970 | 1979 | 1988 | 2000 | 2007 | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Population agricole familiale | 516 000 | 381 300 | 299 900 | 192 600 | 157 100 |
L’évolution du statut social des exploitants agricoles, des modes de vie des familles et les changements d’échelle économique des exploitations ont nécessité l’introduction de la notion d’exploitation professionnelle à partir du recensement agricole de 1988.
De fait, on ne peut pas comparer un nombre de "personnes" entre 2010 et 1970. Il est préférable d’utiliser le nombre d’unités de travail, et de se limiter au champ "professionnel" [2].
Evolution de la population agricole familiale des exploitations professionnelles
| nb d’unités de travail | 1988 | 2000 | 2007 | % par an (1) |
|---|---|---|---|---|
| chefs d’exploitation | 52.4 | 41.5 | 36.4 | - 1,9 |
| aides familiaux | 28.7 | 17.4 | 10.9 | - 5,0 |
| salariés permanents | 5.0 | 4.8 | 4.4 | - 0,7 |
| salariés saisonniers | 4.6 | 5.2 | 5.2 | + 0,6 |
| total | 90.7 | 68.9 | 56.9 | - 2,4 |
source : RGA et enquêtes structures (1) : sur la période2007/1988
La baisse du nombre d’unités de travail est la plus rapide chez les aides familiaux : l’activité agricole se professionnalise.
La population des salariés agricoles suit une évolution différente : après une phase de diminution rapide (de 5% par an en moyenne) dans les années 1970 et 1980, le nombre d’unités de travail réalisées par des salariés se stabilise dans les années 1990 et 2000. De ce fait, leur poids relatif dans la population active agricole est plus important.
De son côté, l’INSEE réalise chaque année une enquête « Emploi » [3] d’après laquelle, on peut évaluer qu’en 2008 les salariés représentaient 31% de l’emploi total des exploitations (contre 11% en 1990).
La population des chefs d’exploitation rajeunit mais s’amenuise
Le nombre de chefs d’exploitations professionnelles (d’après les sources SSP) est passé de 42 400 en 1988 à 30 000 selon l’estimation de 2007. La diminution globale est surtout due à la forte baisse du nombre d’exploitants âgés (au rythme de -5% par an depuis 20 ans), mais aussi de jeunes (à un rythme de -4% par an).
Les catégories d’âges intermédiaires augmentent en proportion relative, et même en nombre absolu pour la tranche 40-49 ans. La diminution de l’âge moyen observée ces dernières années est donc plus un rajeunissement par défaut.
Les deux départements qui comptent le plus fort taux de chefs d’exploitation de moins de 40 ans sont l’Aveyron et le Tarn. Le taux le plus faible s’observe dans le Tarn-et-Garonne.


