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Economie et territoires

 
 

Les actifs de l’agriculture
Le travail en agriculture était autrefois presque exclusivement familial. Depuis les années 90, la part des salariés dans les exploitations devient plus importante.

Une population divisée de moitié en 30 ans

Jusque dans les années 80, l’agriculture a été une histoire de famille. Cette population agricole familiale était forte de 516 000 personnes en 1970, elle n’en comptait plus que 193 000 en l’an 2000. La baisse est encore plus sévère parmi les actifs agricoles familiaux qui étaient 111 750 en 2000, et dont on estimait le nombre à 77 700 environ en 2010 (qu’ils travaillent à temps complet ou partiel sur l’exploitation). Elle atteint -3,5% par an, et ce de manière encore plus marquée pour les actifs de moins de 40 ans.

L’évolution du statut social des exploitants agricoles, des modes de vie des familles et les changements d’échelle économique des exploitations ont nécessité l’introduction de la notion d’exploitation professionnelle à partir du recensement agricole de 1988. A l’occasion du recensement de 2010, un nouveau classement est mis en place, différenciant les « Petites exploitations » (qui correspondent globalement aux exploitations dîtes « non professionnelles » des recensements précédents), les « Moyennes exploitations » et les « Grandes exploitations » [1].

De fait, on ne peut pas comparer un nombre de "personnes" entre 2010 et 1970. Il est préférable d’utiliser le nombre d’unités de travail, et de se limiter au champ des moyennes et grandes exploitations.

Evolution de la population active agricole des exploitations professionnelles jusqu’en 2007 et des moyennes et grandes en 2010 [2].

Nombre d’unités de travail agricole
(en milliers)
1988200020072010% par
an
chefs d’exploitation et co-exploitants84,450,142,441,5-3,2%
autres aides familiaux26,019,311,6 8,8-4,8%
salariés permanents5,34,94,04,7-0,5%
salariés saisonniers5,15,14,65,10%
ETA et CUMA0,60,60,70,8+1,3%
total121,480,063,360,9-3,1%

La baisse du nombre d’unités de travail est la plus rapide chez les aides familiaux : l’activité agricole se professionnalise. Les résultats du recensement agricole 2010 montrent qu’en 10 ans, la part des aides familiaux dans la main d’œuvre globale des exploitations passe de 36% à 25%, laissant plus de place aux salariés non familiaux et aux chefs d’exploitations ou co-exploitants. Cette disparition de l’aspect « familial » de l’agriculture est d’autant plus vraie pour les grandes exploitations pour lesquelles 71% du travail est réalisé par de la main d’œuvre non familiale.

La population des salariés agricoles suit une évolution différente : après une phase de diminution rapide (de 5% par an en moyenne) dans les années 1970 et 1980, le nombre d’unités de travail réalisées par des salariés se stabilise dans les années 1990 et 2000 puis augmente sur la fin des années 2000. De ce fait, leur poids relatif dans la population active agricole est plus important.

L’agrandissement global des exploitations et leur spécialisation ont aussi favorisé le développement des structures collectives apportant du travail comme les CUMA ou les ETA.

La population des chefs d’exploitation rajeunit mais s’amenuise

Le nombre de chefs d’exploitations et co-exploitants est passé de 94 000 en 1988 à 56 700 en 2010. La diminution globale est surtout due à la forte baisse du nombre d’exploitants de plus de 60 ans (au rythme de -3% par an depuis 22 ans) en particulier entre 1988 et 2000, mais aussi de jeunes (à un rythme de -3,8% par an depuis 1988).

Les catégories d’âges intermédiaires augmentent en proportion relative. L’âge moyen observé ces dernières années diminue : 48 ans pour les moyennes et grandes exploitations. Mais ce rajeunissement de la population agricole globale s’observe parce que la population des plus âgés diminue plus vite que celles des jeunes.

Evolution du nombre de chefs d’exploitation et co-exploitants par tranche d’âge en Midi-Pyrénées [3]

19701979198820002010
total 129 547 104 895 93 991 69 089 56 643
baisse annuelle moyenne -2,3%-1,2%-2,5%-2,0%
<40 ans 21 710 17 969 23 572 17 432 10 027
part du total16,8%17,1%25,1%25,2%17,7%
baisse annuelle moyenne -2,1%3,1%-2,5%-5,4%
40-59 ans 66 298 62 929 46 075 37 315 34 250
part du total51,2%60,0%49,0%54,0%60,5%
baisse annuelle moyenne -0,6%-3,4%-1,7%-0,9%
>60 ans 31 807 22 930 24 344 14 342 12 366
part du total24,6%21,9%25,9%20,8%21,8%
baisse annuelle moyenne -3,6%0,7%-4,3%-1,5%

[1] Jusqu’en 2007, on distinguait les exploitations dîtes « professionnelles » qui regroupaient les exploitations dont l’activité agricole permettait l’autonomie économique et qui comptaient un nombre minimal d’UTA. A partir du recensement agricole 2010, la définition a été modifiée et la taille économique des exploitations détermine trois classes (petites, moyennes et grandes) en fonction du potentiel théorique de production de l’exploitation en euros (Produit Brut Standard). Pour en savoir plus, consulter le site du ministère.

[2] Source des données : Agreste - recensements agricoles et enquêtes de structure de 1988 à 2010

[3] Source des données : Agreste - recensements agricoles et enquêtes de structure de 1970 à 2010

 
Publié le mercredi 20 janvier 2010
Mis à jour le vendredi 16 décembre 2011

 
 
 

 
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