Après un rythme de disparition plutôt lent dans les années 1980 (-1,8% par an), la région a vu son nombre d’exploitations baisser de manière brutale dans la décennie 1990 (-3,1% par an). Cette accélération du rythme des disparitions s’explique principalement par l’arrivée à l’âge de la retraite des exploitants nés entre 1930 et 1935 (génération de « la revanche des berceaux » : ils étaient nombreux et leur départ a, de plus, été encouragé par les mesures de pré-retraite.
Après une période de ralentissement des départs en retraite en 2000 (correspondant aux années de faible natalité de la seconde guerre mondiale), la baisse se poursuit. Mais à partir de 2005, c’est l’absence de renouvellement des générations qui entre en jeu : la forte baisse de la natalité dans les familles d’agriculteurs dans les années 1970 se fait maintenant sentir.
Pour autant, la diminution du nombre d’exploitations agricoles s’est légèrement ralentie entre 2000 et 2010 avec une baisse moyenne de -2.3% par an pour la région Midi-Pyrénées qui a mieux résisté au phénomène que d’autres régions. En effet, en France métropolitaine, une exploitation sur quatre a disparu entre 2000 et 2010, alors que le rapport est d’une sur cinq en Midi-Pyrénées. [1]
La situation profite à l’agrandissement des exploitations
La diminution importante du nombre d’exploitations se traduit par une augmentation globale de leur taille. Le phénomène est largement visible sur les 20 dernières années avec une forte augmentation de la part des exploitations de 50 ha et plus. [2]
Part des exploitations selon leur taille
| taille de l’exploitation | 1988 | 2007 |
|---|---|---|
| moins de 5 hectares | 18% | 16% |
| de 5 à moins de 20 hectares | 33% | 21% |
| de 20 à moins de 50 hectares | 34% | 27% |
| de 50 à moins de 100 hectares | 11% | 23% |
| 100 hectares et plus | 3% | 13% |
| Ensemble des exploitations | 100% | 100% |
De ce fait, la superficie moyenne des exploitations de Midi-Pyrénées a fortement augmenté (+28% entre 1970 et 1988, +77% entre 1988 et 2010), pour dépasser 48 hectares en 2010.
| taille moyenne de l’exploitation | 1970 | 1979 | 1988 | 2000 | 2010 |
|---|---|---|---|---|---|
| en nombre d’hectares : | 19,5 | 23,6 | 27,3 | 39,2 | 48,2 |
Cette forte restructuration a permis aux agriculteurs dont l’exploitation dépasse 100 hectares de consolider leur position : ceux qui n’ont pas pris leur retraite sur la période, ont ‘gagné’ près de 400 000 hectares au cours des années 1990. Cette modification profonde du paysage agricole a commencé dès la fin des années 80, mais a été accélérée par les nombreux départs en retraite et le ralentissement des installations.
Il est intéressant de noter que Midi-Pyrénées conserve une part non négligeable de petites exploitations (47% en 2010, selon la définition proposée par le recensement agricole) qui couvrent 13% de la SAU. Ces exploitations sont particulièrement représentées dans les zones de montagne et leur nombre tend aussi à diminuer. Toutefois, elles semblent mieux se maintenir que les exploitations de taille moyenne dont le nombre a baissé de 26% entre 2000 et 2010. [3]
Néanmoins, depuis le début des années 2000, seules les grandes exploitations voient leur part de SAU s’accroître. Elles regroupent désormais plus de 40% de la surface totale, alors qu’elles n’en représentaient que 13% il y a 30 ans.
Le mouvement de concentration peut éventuellement être freiné par une reprise de la hausse du prix du foncier, après 30 ans de baisse ininterrompue (en monnaie constante).
Le graphique suivant retrace l’évolution du prix des terres sur une longue période (36 ans) [4].

La méthode d’estimation des prix étant en cours de modification, on ne peut pas tracer les évolutions 2007 et 2008 sur le même graphique. Néanmoins, on pourra remarquer que le prix des terres a baissé en termes réels (en tenant compte de l’inflation), entre 1980 et 1995 ; cela correspond exactement à la période de départ à la retraite des générations des années 1920 à 1935.
Depuis 1997, ces prix se sont considérablement redressés. Cela peut poser des problèmes de financement des agrandissements, pour des exploitations à faire-valoir direct, en particulier dans les zones proches des grandes villes, plus perturbées par des achats de non-agriculteurs et par l’artificialisation accrue des zones périurbaines.









