Pourquoi et comment avez-vous mis en place ce projet ?
Jean Luc et moi nous avions travaillé dans le secteur commercial. Nous souhaitions créer soit un Multiservice en milieu rural, soit créer une exploitation agricole. Nous n’avions pas de foncier. Jean Luc avez une maison familiale dans le Lot. Pendant nos congés, nous avons sympathisé avec un agriculteur qui nous à montré un article dans une revue agricole qui présentait un élevage de lapins en cage mobile. L’idée nous a plu, nous avons échangés avec l’éleveur des Deux-Sèvres, Jean Luc y a effectué des séjours. Ensuite, nous avons suivi une formation BPREA pour pouvoir nous installer en bénéficiant des aides à l’installation. Après beaucoup de recherches pour trouver un lieu où nous installer, par le bouche à oreille nous avons eu connaissance d’une exploitation qui s’est libérée suite à un départ en retraite. Je me suis installée en premier, Jean Luc ayant un travail à temps partiel à l’extérieur, et deux ans après il a pris le statut de conjoint de chef d’exploitation. Il a fallu aménager toute l’exploitation pour créer l’élevage. La mise en place des Contrat Territoriaux d’Exploitation (CTE) nous a permis de financer en partie les investissements pour l’aménagement des parcs à lapins ainsi que le laboratoire d’abattage et de transformation.
Comment se situe votre exploitation sur le marché, dans votre territoire ?
Dans le département nous sommes les seuls producteurs de lapin en label AB, il n’y a pas de concurrence. La totalité de notre production est écoulée en vente directe sur les marchés ou à la ferme. Il manque de la viande de lapin en AB. J’ai eu de la demande par des bouchers. Mais pour l’atelier de transformation du lapin il n’y a pas de normes européennes définies et la vente de produits frais est limitée à 80 km. De plus, nous ne produisons pas suffisamment pour transformer et vendre en plus à des bouchers. Notre clientèle est constituée de clients réguliers et nous n’avons pas de difficulté pour écouler nos produits. Nous nous sommes diversifiés en mettant en place un atelier de volailles. Cela permet de proposer une gamme de produits plus large. Nous nous sentons un peu seuls dans la production. Nous aimerions bien avoir d’autres éleveurs à proximité pour échanger et pourquoi pas nous remplacer pour partir en congés. Le marché de la viande de lapin en AB n’est pas saturé.
Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait construire un projet similaire ?
Pour l’élevage en plein air, il est primordial de bien aménager les abords des parcs pour limiter les dégâts des prédateurs (chiens, renards). Une bonne clôture électrique est indispensable. De plus il est nécessaire d’avoir un environnement naturel bien adapté à l’élevage (pas de pente pour déplacer les cages, pas trop de chaleur car le lapin souffre des températures élevées). Pour un projet d’élevage avec transformation, il est obligatoire de travailler à deux sur l’exploitation. Il peut être également intéressant de créer son projet proche d’un autre éleveur afin de pouvoir s’entraider ou bien se remplacer. Je pense qu’un projet d’élevage seul, en production AB, peut avoir sa place à proximité de grands centres compte tenu de la demande importante des boucheries. Il faut qu’il y ait présence d’un centre d’abattage à proximité de l’élevage et du lieu de commercialisation (lié aux normes abattage et transport). Pour un projet avec transformation, il ne faut pas hésiter a faire des formations.










