En quarante ans, les exploitations de ce genre ont pratiquement disparu, du fait du recul de l’élevage et de la raréfaction de la main d’œuvre familiale. Ce recul a profité à des exploitations spécialisées, le plus souvent en céréales mais parfois en élevage, et toujours de plus grande taille.
La spécialisation des exploitations s’accélère
Au cours de ces vingt dernières années, le mouvement s’est accéléré. Les principales orientations technico-économiques des exploitations (OTEX [1] ) ont connu entre les deux recensements, de 1979 et de 1988, des évolutions très fortes.
Sur la période allant de 1988 à 2010, l’agriculture régionale a continué sur la voie de la professionnalisation et de la spécialisation : concentration des terres et des élevages au sein d’exploitations de taille "économiquement viable", disparition des exploitations de polyculture-élevage.
| Système d’exploitation | Nombre en 1988 | Nombre en 2000 | Nombre en 2007 | Nombre en 2010 | Evolution 2010/1988 | Evolution 2010/2000 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Exploitations "non professionnelles" ou "petites" [2] | 38 734 | 23 837 | 18 633 | 21 400 | -45% | -10% | |
| Grandes Cultures | 14 846 | 9 104 | 7 590 | 6 300 | -58% | -31% | |
| Polyculture Elevage | 13 690 | 7 763 | 5 471 | 4 300 | -69% | -45% | |
| Bovins Lait | 4 973 | 2 994 | 2 405 | 2 300 | -54% | -23% | |
| Bovins Viande | 4 281 | 5 987 | 5 917 | 4 400 | +3% | -27% | |
| Petits herbivores | 6 839 | 6 418 | 5 069 | 4 600 | -33% | -28% | |
| Porcins, volailles et autres hors sol | 1 103 | 1 188 | 1 082 | 1 800 | +63% | +52% | |
| Cultures spéciales | 3 432 | 2 945 | 2 406 | 2 500 | -27% | -15% | |
| dont Maraichage et horticulture | 589 | 457 | 500 | -15% | |||
| dont Viticulture | 1 089 | 911 | 1 100 | +1% | |||
| dont Arboriculture | 1 267 | 1 038 | 900 | -29% | |||
| TOTAL | 87 898 | 60 236 | 48 573 | 47 600 | -46% | -21% |
Source des données : recensements agricoles 1988, 2000 et 2010 (données provisoires) enquête structures 2007.
La redéfinition des catégories d’OTEX et de la notion de dimension économique pour le recensement 2010 modifie quelque peu la répartition des exploitations dans les grands ensembles. On remarque notamment une progression un peu faussée des productions hors sol qui, en réalité se maintiennent à un niveau à peu près stable depuis 2000 [3].
L’agriculture régionale est en phase de différenciation
Deux groupes se distinguent :
des exploitants qui s’adaptent aux nouvelles conditions démographiques, économiques et réglementaires ;
des exploitants qui ont abandonné l’agriculture, ou sont en cours de marginalisation économique ; leurs entreprises avaient une taille économique faible ou moyenne, ils n’ont pas de successeur, et selon leur âge, ils ont cessé d’exploiter ou ont fortement réduit leurs capacités de production.
Entre 2000 et 2007, la diminution du nombre d’exploitations "non professionnelles" (au sens économique) se confirme et la disparition des exploitations de polyculture-élevage accélère fortement.
8 500 exploitations détiennent près de la moitié des capacités de production
Parmi les exploitations dîtes ’professionnelles’, se distingue le groupe des « grandes exploitations » (au sens du RA 2010). Cette catégorie regroupe environ 8 500 exploitations qui détiennent près de la moitié de la Surface Agricole Utile, tous secteurs confondus. Ce sont ces exploitations, déjà de grande taille, qui ont le plus bénéficié des agrandissements de ces dernières années.
L’avenir des différentes filières dépend en partie de la proportion que ces exploitations peuvent représenter par rapport aux capacités totales de la région : la concentration est-elle encore possible par simple succession ? Doit-on acquérir ou construire de nouveaux outils pour gagner en compétitivité ?









