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Quercy, terre d’arômes - août 2010
Quercy, terre d'arômes - août 2010
Avec comme bagage une formation sur l’accompagnement et l’accueil touristique et un BPREA « plantes aromatiques, médicinales et à parfum », Catherine voulait être agricultrice. Son souhait a pu se réaliser en 2000. Grâce à l’achat d’une petite ferme, elle a pu mettre en place son projet.

Elle a su saisir l’opportunité de la relance de la culture du safran dans le Quercy pour développer toute une gamme de produits autour de cette plante ainsi que du tilleul, de l’acacia, du sureau et de la lavande. Parallèlement, elle a mis en place des circuits de randonnées avec ânes bâtés. Suite à une diminution de la main d’œuvre sur l’exploitation, cette dernière activité a été abandonnée en 2009.

Pourquoi et comment avez-vous mis en place ce projet ?

J’ai mis en place ce projet pour le plaisir de vivre à la campagne dans le département du Lot pour lequel j’avais eu un coup de cœur. Il me fallait ensuite trouver les productions pour vivre ici. Le safran s’est imposé alors, car il y avait une volonté locale de relancer cette culture. La recherche de la ferme a été très longue, environ 1 an et demi. Ensuite, j’ai eu beaucoup de difficultés pour trouver le financement. Le doute des banquiers a failli me faire croire mon projet irréalisable. Malgré toutes ces difficultés et malgré l’immensité des travaux de mise en état pour démarrer, j’ai finalement réussi à mettre en place mon projet. Par contre, j’avais sous évalué la tâche : les travaux de rénovation des bâtiments (professionnels et privés), la production, la transformation... J’avais une formation théorique et la pratique m’a manqué au début. Pour commencer, j’ai vendu mes produits à la coopérative qui les redistribuait. J’ai profité ensuite de l’opportunité d’une stagiaire en école de commerce pour gagner mon autonomie. Aujourd’hui, je commercialise 50% de mes produits en direct, je vends le reste à des magasins sans aucun autre intermédiaire.

Comment se situe votre exploitation sur le marché, dans votre territoire ?

Une niche économique ! Cependant il est préférable d’envisager le safran en complément d’activité. En effet, c’est une culture très gourmande en main d’œuvre et la récolte est totalement imprévisible aussi bien dans le temps qu’en quantité, d’où de grosses difficultés pour l’organisation de la récolte et une incertitude constante. La proximité de Saint-Cirq-Lapopie, site très fréquenté pendant l’été amène beaucoup de monde sur l’exploitation (30% du chiffre d’affaires à la ferme). La qualité de mes produits et le hasard m’ont aussi permis de trouver des débouchés dans des adresses prestigieuses. La concurrence se développe, ce qui est normal quand un produit marche. Beaucoup se lancent dans la production de safran partout en France. Je pense qu’il y a de la place pour tout le monde, si on se tient à une très haute qualité de production et que l’on prend en charge sa propre commercialisation. Quand des produits marchent

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait construire un projet similaire ?

Il faut absolument prendre sa commercialisation en main. C’est impossible de travailler avec de grosses quantités. Aussi, il est nécessaire de conserver la valeur ajoutée. Avant de se lancer dans la production, il est préférable de faire une formation pour apprendre la transformation. On gagnera du temps que l’on n’aura plus après ! Il faut savoir innover, s’adapter à la demande et trouver des produits qui plaisent. Ne pas dépendre d’un seul client, et quand on en perd un, lui trouver aussitôt un remplaçant. Il faut être réactif. Face à la concurrence du foncier, il faut construire son projet avec le foncier que l’on détient et ne pas se dire que l’on trouvera d’autres terres plus tard car c’est souvent utopique. Le retour sur investissement est très long, aussi faut-il prévoir suffisamment de trésorerie car son manque est un frein au développement, même 10 ans plus tard. A titre d’exemple, quand on part de rien, le poste « petit outillage » divers et varié peut représenter 3000 € par an pendant plusieurs années… Pour finir, avec le safran, plus qu’avec toute autre culture, il est sage d’appliquer le vieil adage : « ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier » !

 
Publié le lundi 23 août 2010
Mis à jour le mercredi 29 septembre 2010

 
 
 
 
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