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Economie et territoires

 
 

Situation économique des productions animales en 2010
En Midi-Pyrénées, l’élevage représente 52% de la production agricole et rassemble les 2/3 des exploitations professionnelles. Ce secteur important de notre agriculture traverse actuellement une période difficile sur le plan économique. La plupart des productions animales connaissent des prix bas et les faibles marges espérées il y a quelques mois se trouvent englouties dans l’augmentation du prix des aliments qui sévit depuis cet été.

Des distorsions de concurrence au sein de l’Union Européenne et plus particulièrement avec l’Allemagne impactent les productions animales et notamment le lait et le porc. La dérèglementation des marchés qui se traduit par des fluctuations très fortes des prix et le flou de l’après 2013 accentuent encore le malaise des producteurs qui doutent de plus en plus sur l’avenir de ce secteur.

La production porcine est la production la plus touchée par la crise

... car les prix sont restés bas depuis 2007. Le fameux cycle du porc reste désespérément au creux de la courbe depuis 3 ans ! Notre région qui est aussi handicapée par des coûts de production (aliments surtout) moins favorables que dans l’ouest se trouve encore plus fragilisée. C’est ainsi que la production de Midi-Pyrénées a chuté de 16% depuis 2000 alors qu’elle est stable au niveau national. La chute s’accélère avec cette crise puisque l’an passé, elle a baissé de 5%. Nos outils d’abattage ont été obligés d’acheter à l’extérieur de la région plus de 200 000 porcs. Sur 10 porcs consommés par les habitants de Midi-Pyrénées, 4 ne sont pas produits dans la région ! Il faut se donner les moyens de sauvegarder cette filière, qui représente tout de même 500 éleveurs et 4 000 emplois directs, en assurant une meilleure rentabilité des ateliers.

La filière bovin lait de la région connaît plusieurs années successives difficiles

2009 a vu une chute sévère des prix et les discussions ont été tendues en 2010 pour trouver un accord. En plus, cette année, une entreprise a cessé de collecter (GIE Sud Lait) et il n’a pas été facile de trouver des structures pour reprendre ces 60 millions de litres ; des incertitudes pèsent actuellement sur la stratégie d’autres unités de collecte.

Cette situation se traduit par une sous réalisation importante de notre quota régional (près de 20% en 2009). Cela fragilise l’ensemble de la filière et tous les territoires en commençant par ceux qui ont la densité laitière la plus faible.

Il convient donc de chercher tous les moyens de relancer la production et revoir les relations entre les producteurs et les structures d’aval pour amortir les fluctuations du marché et trouver un rapport plus équilibré entre les différents maillons de la filière.

La production cunicole, plus modeste en quantité que les précédentes, souffre également de l’impact du coût de l’aliment et nécessite aussi un développement important pour faire fonctionner correctement les outils aval de la filière (approvisionnés à 50% par la production locale) et répondre aux besoins du marché. Les responsables professionnels se sont fixés comme objectif de produire 15 à 20 000 lapins par semaine. Pour cela, il faut conforter les ateliers existants et créer au moins 1 unité de 500 cages mères par an. Des moyens financiers d’accompagnement sont nécessaires pour atteindre cet objectif et ceci avec tous les partenaires de la filière

La production de viande bovine est aussi en difficulté

compte tenu de la baisse des cours actuelle (de l’ordre de -8% par rapport à 2008), des conséquences encore visibles à ce jour de la Fièvre Catarrhale et aussi de problèmes de productivité qui s’aggravent : en 2008, une vache sur 4 n’a pas produit de veau.

Il est donc impératif de mobiliser tout notre dispositif d’accompagnement technique pour améliorer la conduite du cheptel qui peut se traduire sur la région par 60 000 veaux produits en plus.

Par rapport au prix, Il est aussi anormal que les viandes importées ne respectent pas les mêmes normes que celles qui nous sont imposées. De manière générale, l’écart grandit entre les prix à la production et les prix au consommateur. Comme pour toutes les productions, il sera nécessaire de mieux répartir la marge de chaque maillon de la filière.

La production ovine souffre également d’un manque d’installations

... et comme pour les bovins viande d’une productivité trop faible, plus marquée encore sur le sud de la région.

Pour répondre à ces enjeux, un vaste programme de reconquête ovine a été initié en 2010 avec 2 volets : un appui technique ciblé sur l’amélioration de la productivité et un travail de proximité avec les établissements scolaires pour favoriser les installations. Les organismes professionnels régionaux sont très impliqués dans ces programmes.

Les solutions à mettre en œuvre :

L’année 2010 est effectivement difficile mais nos éleveurs croient encore à l’avenir de leur métier. La meilleure preuve est apportée par le niveau des investissements engagés ces derniers mois : l’ensemble des enveloppes est utilisé au-delà des prévisions (PMBE : environ 15 millions d’€ d’aides, aide aux investissements du Conseil Régional 2,3 millions, aide au cheptel de la Région : 2 millions au lieu de 0,7 million…). Il est toutefois nécessaire de les accompagner davantage dans cette période critique pour :

- favoriser au maximum l’installation qui est trop faible et peut avoir des incidences sur la dynamique professionnelle et aussi sur l’avenir de nos structures d’aval. Cela nécessite une politique de communication forte pour améliorer l’image du métier d agriculteur et un dispositif d’accompagnement technique et financier efficace. Il est primordial aussi d’aider les agriculteurs à réaliser leurs dossiers de développement et en particulier sur les volets complémentaires aux études d’impact.

- favoriser la modernisation des équipements pour produire plus de qualité et améliorer les conditions de travail. Les critères du PMBE (plafond à 90 000 € souhaitable, possibilités de cumul, nombre de places de truies pour 3 UTH…) devraient être assouplis pour cela et aussi pour relancer toute l’économie.

- aider davantage l’achat et le renouvellement du cheptel à travers les aides comme celles de la région sur le lait en 2010 et en renforçant le Fonds d’Avance Cheptel. Cela permettra d’améliorer la qualité des produits.

- améliorer l’efficience de nos ateliers pour produire des marchandises de qualité. Des marges de progrès existent dans toutes les productions tant en quantité qu’en qualité. La demande en produits de qualité est en augmentation et il est important de pouvoir y répondre.

Il conviendra aussi de se mobiliser pour que les marges engendrées jusqu’au consommateur soient mieux réparties entre les différents acteurs et que l’amont ne soit pas en permanence la seule variable d’ajustement. Il faudra que nous soyons imaginatifs et mobilisés pour mettre en œuvre les prochaines modalités de contractualisation et de régulation de la production.

Cette note a été présentée par Mr François Toulis, Vice-président de la Chambre régionale d’agriculture de Midi-Pyrénées, lors de la session de la Chambre régionale, le 15 novembre 2010
 
Publié le mardi 30 novembre 2010

 
 
 

 
Evolution des naissances en bovin
Publié le vendredi 23 mars 2012
Mis à jour le mardi 3 avril 2012
 
 
 
 
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