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Economie et territoires

 
 

Une évaluation multicritère qualitative de la durabilité de systèmes de grandes cultures biologiques
Une évaluation multicritère qualitative de la durabilité de systèmes de grandes cultures biologiques Quels enseignements ?
Les systèmes de grandes cultures biologiques se sont développés en France à partir de la fin des années 90, dans une grande diversité de contextes pédoclimatiques et socioéconomiques. De ce fait, il apparaît utile de s’interroger sur les performances économique, agronomique, sociale et environnementale de ces systèmes alors même que leur dynamique de développement reste forte.

Un travail d’évaluation a été entrepris en ce sens, dans le cadre des programmes de recherche et développement « RotAB » (CASDAR) et « CITODAB » (PSDR 3 Midi-Pyrénées) particulièrement pour les systèmes de culture conduits dans des exploitations sans élevage.

Sont successivement présentés :

- les aspects méthodologiques de l’étude et notamment la mise en oeuvre de MASC-AB : modèle générique d’évaluation de système de culture adapté à l’AB,
- les résultats obtenus pour deux ensembles de systèmes de culture des six régions françaises impliquées dans les programmes cités ci-dessus : Centre, Ile-de-France, Pays de Loire, Poitou-Charentes, Rhône-Alpes (pour le programme Rotab) et, bien-sûr, Midi-Pyrénées (pour le programme Citodab).

Ce second jeu de cas regroupe quarante-quatre systèmes de culture de Midi-Pyrénées, représentatifs des rotations biologiques spécialisées, courtes à très courtes, dominantes dans la région entre 2003 et 2006.

La durabilité socio-économique des systèmes

La durabilité économique est la dimension de la durabilité qui est la moins bien assurée dans les deux cas. Les raisons sont multiples. La rentabilité est très dépendante de la nature et de la fréquence des cultures rémunératrices au sein des rotations, de leur niveau de production et du niveau des prix. La variation du niveau de production sous l’effet du climat est particulièrement dommageable à la rentabilité lorsque la production se situe à un niveau général plutôt faible, comme c’est le cas dans les situations non irriguées de plusieurs régions.

L’acceptabilité sociale est une dimension plus satisfaisante de la durabilité des systèmes de grandes cultures biologiques étudiés. Sur les aspects qui intéressent directement les agriculteurs (complexité de mise en oeuvre, pénibilité du travail, risques pour la santé) les systèmes sont particulièrement bien notés. Du point de vue de la société, l’acceptabilité souffre cependant d’une faible contribution à l’emploi saisonnier et parfois d’un niveau de productivité surfacique insuffisant.

La durabilité agro-environnementale des systèmes

Le maintien du potentiel productif des parcelles soumises à la grande culture biologique sur le long terme est une dimension de la durabilité plus problématique. Le niveau d’insatisfaction vis-à-vis des objectifs de durabilité agronomique et de la hiérarchie des problèmes n’est pas le même selon les systèmes de culture et les contextes.

La maîtrise des adventices apparaît meilleure dans les rotations longues comportant de la luzerne. Malgré des opérations mécaniques plus nombreuses, les rotations biologiques plus courtes, sans luzerne, sont exposées à des développements d’adventices importants.

La maîtrise des bioagresseurs (maladies et ravageurs) n’est pas le problème majeur des systèmes de grandes cultures biologiques. Elle atteint des niveaux acceptables, pour des raisons diverses selon les contextes.

Concernant la maîtrise de la fertilité du sol, une difficulté associée à de nombreux systèmes de culture réside dans le maintien d’un état organique satisfaisant sur le long terme, du fait de la faiblesse des restitutions organiques. La qualité de gestion de l’azote présente une variabilité certaine. Celle du phosphore apparaît problématique en Midi-Pyrénées (une forte proportion de rotations présente des bilans de P négatifs).

La préservation de l’environnement est la dimension de la durabilité la mieux assurée. Des réserves peuvent cependant être émises en fonction du degré d’intensification des rotations, qui influe sur les niveaux des ressources mobilisées (eau et énergie).

Les auteurs : Colomb Bruno, Aveline Anne, Carof Matthieu, Document d’analyse PSDR3 Midi-Pyrénées-Projet CITODAB, 42p + annexes, 2011,
Voir en ligne: sur le site du programme PSDR3 Midi-Pyrénées.
 
Publié le mardi 3 mai 2011
Mis à jour le jeudi 28 juillet 2011

 
 
 

 
 
 
 
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