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Une moutarde bien gasconne - juillet 2010
Une moutarde bien gasconne - juillet 2010
Pourquoi ne pas relancer la production de la moutarde traditionnelle gasconne ? Au siècle dernier déjà, la crucifère associée au moût de raisin donnait ce merveilleux et altier condiment qui flattait les palais des gascons. Viticulteurs pour la plupart, ils ont ajouté à leur palette, ces petits pots pleins de soleil qui nous font retrouver ces goûts d’antan que l’industrie alimentaire nous avait bien caché. Plein d’idées, les deux Michel et leurs compagnes, n’ont pas fini de nous surprendre.

Pourquoi et comment avez-vous mis en place ce projet ?

A partir d’un groupe de réflexion dont la vocation était de restaurer la production de moutarde et de la commercialiser, l’« Association de sauvegarde des moutardes traditionnelles de Gascogne » fut créée. Ils étaient seize agriculteurs intéressés au départ, quatre se sont lancés dans le projet, à ce jour il en reste deux qui produisent et vendent cette moutarde. Cela faisait déjà longtemps que les Michel et leurs collègues cherchaient ce qui pourrait, sortant de l’ordinaire, accroître et embellir la palette de productions que la culture de la vigne offrait à leur savoir-faire. L’idée a germé dans la tête des viticulteurs à la lecture d’un article dans la presse agricole visant à relancer « ailleurs » (dans le dijônnais) la production de graines de moutarde. Elle était là, la touche de nouveauté : restaurer la richesse d’antan, lorsque les pots de moutarde gersois allaient régaler les gourmets du Sud-Ouest et d’ailleurs. Restaurer la recette de la moutarde de Bezolles et d’Ayguetinte, dont chacun avait en mémoire tout le goût mais une partie seulement de la « formule », ne fut pas chose facile. L’aide du CRITT d’Auch et le travail de ces passionnés permirent d’aboutir à un produit royal prêt à être vendu dès 1998. Les deux amis restant engagés se sont spécialisés, l’un dans la partie administrative et l’autre dans la production pour le plus grand bien du renouveau de la Moutarde Gasconne et de nos palais.

Comment se situe votre exploitation sur le marché, dans votre territoire ?

Elle est la seule du département et l’une des rares productions fermières de moutarde. En tout cas, c’est la seule à produire de la moutarde exclusivement à partir de moûts de raisin. 8000 pots sont commercialisés tous les ans, vendus à la ferme essentiellement, mais aussi dans des épiceries fines, dans des boutiques de produits locaux, en boucherie charcuterie et chez des restaurateurs. Les marchés fermiers que fréquentent les agriculteurs en absorbent une autre partie et servent d’ambassadeurs pour les clients qui reviennent à la boutique de la ferme.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait construire un projet similaire ?

Avoir foi dans son projet est la première des conditions de réussite, y croire, avoir du temps ou se donner le temps nécessaire pour réfléchir au projet, caler son produit, convaincre autour de soi et au delà. Etre un peu (beaucoup) passionné. Ne jamais être à court d’idées pour valoriser son produit, trouver des recettes nouvelles et de nouveaux débouchés. Limiter ses investissements au strict nécessaire, dans tous les cas être en adéquation avec le potentiel de vente.

 
Publié le lundi 28 juin 2010
Mis à jour le lundi 6 septembre 2010

 
 
 
 
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